Land and resource use patterns in coastal areas play a key role in the resilience of ecosystems and populations to climate change. Knowing their spatiotemporal dynamics therefore constitutes a strategic tool to help decision-makers. Based on documentary research, geographic information system (GIS), image processing, and field work, this article maps land use on Manoka Island between 1986 and 2018 and identifies the drivers of change and avenues for intervention with a view to strengthening climate change mitigation. The results show a decrease of 4% in forest area on Manoka Island, representing an average of 112 ha of inland forest and 267 ha of mangrove converted between 1986 and 2018. This increases the degraded forest area by 268% (degraded mangrove and degraded inland forest) and exposes some camps to erosion and flooding. Reduction in forest area is mainly linked to the harvesting of fuelwood and the conversion of forests into farmland and residential areas. Settlements have increased in area from 15 ha in 1986 to 90.4 ha in 2018 to the detriment of natural spaces.
Les produits forestiers non ligneux constituent l’une des richesses des écosystèmes forestiers du Bassin du Congo. A ce titre, nombre de chercheurs y ont vu un gage de lutte contre la pauvreté parce que capables de relancer la croissance à travers les revenus, l’alimentation et la santé dont ces produits sont tributaires. La crise économique des années 1980 qui a durement frappé la plupart des pays de la région, a également contribué à renforcer cette confiance dans le rôle économique des PFNL. Avec la crise, l’agriculture ne pouvait plus être la seule référence lorsqu’il s’agissait d’assurer les revenus des ménages. En fait, les chocs économiques successifs des années 1980 s’étant traduits par la baisse du pouvoir d’achat des ménages face aux effets conjugués de la chute brutale des produits de base tels le cacao, le café et la banane d’une part et la dévaluation du franc CFA en 1994 d’autre part, les populations se sont ruées sur des sources de revenus alternatives. L’exploitation plus intensive des PFNL s’inscrit dans cette dynamique. Au plan environnemental, de nombreux auteurs ont affirmé que, contrairement au bois, l’exploitation des PFNL aurait pour effet de retarder la conversion des forêts tropicales, grâce à son impact faible et surtout la volonté des populations à les conserver en connaissance de cause. Aussi, plus de deux décennies après, il y a lieu de se demander si ce mouvement des populations vers les PFNL a produits tous les effets escomptés. En d’autres termes, les PFNL ont-ils comblé les attentes des populations par rapport à la lutte contre la pauvreté et la création d’emplois en Afrique centrale ? L’objectif général de cette étude consiste à évaluer la contribution effective des PFNL à l’économie des ménages et l’impact de leur gestion sur l’environnement, en se limitant au Bassin du Congo et en insistant sur les expériences conduites dans la région au cours des 2-3 dernières décennies.