Dengue is a mosquito-borne virus that causes extensive morbidity and economic loss in many tropical and subtropical regions of the world. Often present in cities, dengue virus is rapidly spreading due to urbanization, climate change and increased human movements. Dengue cases are often heterogeneously distributed throughout cities, suggesting that small-scale determinants influence dengue urban transmission. A better understanding of these determinants is crucial to efficiently target prevention measures such as vector control and education. The aim of this study was to determine which socioeconomic and environmental determinants were associated with dengue incidence in an urban setting in the Pacific. An ecological study was performed using data summarized by neighborhood (i.e. the neighborhood is the unit of analysis) from two dengue epidemics (2008–2009 and 2012–2013) in the city of Nouméa, the capital of New Caledonia. Spatial patterns and hotspots of dengue transmission were assessed using global and local Moran’s I statistics. Multivariable negative binomial regression models were used to investigate the association between dengue incidence and various socioeconomic and environmental factors throughout the city. The 2008–2009 epidemic was spatially structured, with clusters of high and low incidence neighborhoods. In 2012–2013, dengue incidence rates were more homogeneous throughout the city. In all models tested, higher dengue incidence rates were consistently associated with lower socioeconomic status (higher unemployment, lower revenue or higher percentage of population born in the Pacific, which are interrelated). A higher percentage of apartments was associated with lower dengue incidence rates during both epidemics in all models but one. A link between vegetation coverage and dengue incidence rates was also detected, but the link varied depending on the model used. This study demonstrates a robust spatial association between dengue incidence rates and socioeconomic status across the different neighborhoods of the city of Nouméa. Our findings provide useful information to guide policy and help target dengue prevention efforts where they are needed most. Dengue virus is rapidly spreading throughout tropical and subtropical regions worldwide, possibly aided by environmental change, urbanization and/or increase in human mobility. Already present in 120 countries, dengue virus causes extensive disease burden and generates large economic costs. As dengue is mosquito-borne, its transmission pattern is strongly influenced by climate. However, dengue cases are not always distributed evenly throughout cities, where climate can be assumed to be homogenous. This suggests that other factors which are heterogeneously distributed in cities could play a role in dengue transmission, such as socioeconomic status and environmental factors (both natural and built). Identifying those factors is crucial to develop and target dengue prevention interventions, such as mosquito control and education. Our study uses dengue incidence statistics from two large epidemics in Nouméa, the capital of New Caledonia, to investigate which socioeconomic or environmental factors correlate with dengue incidence in an urban setting. Dengue incidence was consistently higher in neighborhoods where socioeconomic status was lower (i.e. lower revenue or higher unemployment) and often higher where the proportion of single-family houses in all buildings was higher. Our data suggest that, if resources are limited, prevention measures should be targeted in priority towards neighborhoods of lower socioeconomic status.
Cette étude interroge les petits espaces insulaires et leurs champs d’étude. Il s’agit dans un premier temps de définir les contours de l’objet géographique et ses limites. À défaut de donner une définition absolue de l’île, nous tenterons plutôt de dégager une catégorie que nous appelons les petits espaces insulaires. Ensuite, l’approfondissement de la notion d’insularité permet de remettre certains déterminismes à leur place. Car, si les effets de l’insularité sur le peuplement animal et végétal sont admis depuis longtemps, il en va tout autrement quand on essaie de trouver à l’insularité des influences valides sur les sociétés insulaires. Une esquisse de typologie des insularités sera proposée pour offre quelques pistes et indications sur le niveau de développement et d’intégration des petits espaces insulaires à l’économie-monde. Il ne faut néanmoins en aucun cas amplifier les tendances lourdes de cette typologie en des règles ou des lois relatives au poids de l’insularité. La position absolue des îles dans le système-monde ne prime pas sur sa position relative par rapport à l’île principale ou à une métropole industrialisée. L’influence des statuts politiques sur les niveaux de développement des petits espaces sera démontrée. La notion de souveraineté partagée sera abordée comme une réponse possible aux évolutions statutaires en milieu insulaire ainsi que pour les populations autochtones qui relèvent de grands États nations.
The effectiveness of preventive measures depends on prevailing attitudes and mindsets within a population. Perceived risk is central to a shift in mindset and behaviour. The present study aims to investigate the perceived severity, vulnerability and precautionary behaviour adopted in response to the influenza A (H1N1) epidemic that broke out in 2009 on Reunion Island (Indian Ocean). As no H1N1 vaccination was available at the time, non-medical interventions appeared of crucial importance to the control of the epidemic.
La Réunion est particulièrement exposée au risque d’attaques de requins, globalement très supérieur à celui que connaissent d’autres territoires concernés dans le monde notamment en terme de mortalité. D’une part, cet article propose une analyse de la base de données sur les 46 attaques répertoriées entre 1980 et 2014. À partir de l’élaboration d’une carte interactive des attaques, la seule produite à ce jour sur le sujet, plusieurs variables explicatives qui pourraient conditionner la survenue des attaques sont identifiées et analysées. D’autre part, cette recherche est une réflexion sur la gestion institutionnelle de la crise du requin qui affecte La Réunion depuis 2011. La création et le fonctionnement de la Réserve naturelle marine de La Réunion (RNMR), sous un mode perçu comme administratif et autoritaire par une frange de la population va cristalliser une crise du requin à partir de 2011. Une succession de réactions à chaud par les autorités compétentes dans la gestion de cette crise témoigne d’un gouvernement par l’urgence en lieu et place d’une gouvernance territoriale moins passionnelle et mieux anticipée, qui aurait sans doute pu limiter l’ampleur et les conséquences de cette crise.
La Zone économique exclusive (ZEE) potentielle et réelle des petits espaces insulaires, plus que d’autres, suscite des convoitises de la part de leurs voisins ou de leurs métropoles qui y voient un atout économique sans doute surévalué mais néanmoins attractif. La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer permet une appropriation toujours plus forte par les États côtiers des domaines maritimes. La conséquence paradoxale de son fonctionnement est un bénéfice au profit des nations les plus riches alors qu'elle était conçue au départ pour favoriser, à leur demande, les États les plus pauvres. Les revendications frontalières maritimes se multiplient sur tous les océans et les mers du monde. Néanmoins, pour les petits États insulaires, le potentiel des ZEE n'est pas assez attractif pour qu'ils engagent des négociations consommatrices d'énergies et génératrices de tensions politiques, alors que leur situation politique et économique interne est fragile. De plus, ils n'ont pas les capacités techniques et les marines militaires nécessaires pour véritablement surveiller leur ZEE. Pour l'instant la zone de mer territoriale est suffisante pour le développement des littoraux et du tourisme qui est globalement, en termes d'emplois et de revenus, le premier secteur d'activité de la plupart des petits États insulaires dans le monde.
20 January 2006 in Cahiers de géographie du Québec
Loin d’être un épiphénomène à l’échelle planétaire, les revendications séparatistes et autonomistes au sein même des archipels concernent au moins vingt États et territoires multi-insulaires dans le monde. Néanmoins, les motivations et les modalités de leur mise en oeuvre sont multiples. À l’aide d’une typologie, qui s’appuie sur des exemples significatifs, on peut apporter quelques éléments premiers d’analyse et d’explication, afin de mieux cerner les contours d’une aspiration libertaire qui semble être amplifiée dans les archipels par la fragmentation et la discontinuité des territoires.