À Angers, dans la continuité des ordonnances de 1996 -créant notamment les Agences régionales de l'Hospitalisation - et des lois de 1998 contre l'exclusion sociale, une réflexion a été initiée autour d'un programme médical commun de l'hospitalisation répondant à deux priorités : l'une liée à l'organisation des soins, l'autre à la desserte des territoires. La rencontre de ces deux enjeux a également été celle de deux catégories d'acteurs : ceux de la santé et ceux de la politique municipale. Cette rencontre est révélatrice d'un changement observable à l'heure actuelle qui tend à faire des questions de santé un objet que tous les acteurs des politiques publiques se sentent fondés à intégrer dans leurs actions. Cette évolution sort la santé de son cantonnement à une affaire de spécialistes. Autour de l'exemple angevin, cet article analyse les mécanismes qui placent les rapports « ville-santé-hôpital» dans un cadre multisectoriel.
La santé est un enjeu humain, social, politique, économique. Il était donc logique que des géographes sensibles aux hommes d’abord, aux formes spatiales ensuite, en fassent une de leurs thématiques de recherche. La géographie de la santé est donc une sous-discipline traditionnelle de la géographie française, mais une sous-discipline de moins en moins homogène. L’un des objectifs du texte est de rendre compte de cette diversité croissante, qui passe par l’émergence d’une géographie sociale de ...
L’échelle locale est le premier niveau en santé, tant en termes de soins, qu’en termes de prise en compte de ses déterminants non médicaux (sociaux et environnementaux). C’est, en principe, l’échelle de rencontre des acteurs de différents secteurs qui peuvent se retrouver dans la construction de projets communautaires en santé. Ce texte étudie, dans une comparaison internationale, les facteurs qui permettent la réussite de tels projets et identifie les dimensions principales qui composent ces facteurs et peuvent se résumer en trois enjeux : faire territoire, faire communauté, faire santé.
Buruli ulcer is a neglected tropical disease caused by M. ulcerans, an environmental mycobacterium. This cutaneous infectious disease affects populations with poor access to sanitation, safe water and healthcare living in rural areas of West and Central Africa. Stagnant open bodies of surface water and slow-running streams are the only risk factor identified in Africa, and there is no human-to-human transmission. Appropriate and effective prevention strategies are required for populations living in endemic areas. Based on a multidisciplinary approach in an area in which Buruli ulcer is endemic in South Benin, we investigated the link between all human-environment interactions relating to unprotected water and behaviors associated with Buruli ulcer risk likely to affect incidence rates. We characterised the sources of water as well as water bodies and streams used by communities, by conducting a prospective case-control study directly coupled with geographic field observations, spatial analysis, and the detection of M. ulcerans in the environment. A full list of the free surface waters used for domestic activities was generated for a set of 34 villages, and several types of human behaviour associated with a higher risk of transmission were identified: (i) prolonged walking in water to reach cultivated fields, (ii) collecting water, (iii) and swimming. Combining the results of the different analyses identified the risk factor most strongly associated with Buruli ulcer was the frequency of contact with unprotected and natural water, particularly in regularly flooded or irrigated lowlands. We confirm that the use of clean water from drilled wells confers protection against Buruli ulcer. These specific and refined results provide a broader scope for the design of an appropriate preventive strategy including certain practices or infrastructures observed during our field investigations. This strategy could be improved by the addition of knowledge about irrigation practices and agricultural work in low-lying areas.