Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation and enhancing forest carbon stocks (REDD+) is a performance-based payment mechanism currently being debated in international and national environmental policy and planning forums. As the mechanism is based on conditionality, payments must reflect land stewards' level of compliance with carbon-efficient management practices. However, lack of clarity in land governance and carbon rights could undermine REDD+ implementation. Strategies are needed to avoid perverse incentives resulting from the commoditization of forest carbon stocks and, importantly, to identify and secure the rights of legitimate recipients of future REDD+ payments. We propose a landscape-level approach to address potential conflicts related to carbon tenure and REDD+ benefit sharing. We explore various land-tenure scenarios and their implications for carbon ownership in the context of a research site in northern Laos. Our case study shows that a combination of relevant scientific tools, knowledge, and participatory approaches can help avoid the marginalization of rural communities during the REDD+ process. The findings demonstrate that participatory land-use planning is an important step in ensuring that local communities are engaged in negotiating REDD+ schemes and that such negotiations are transparent. Local participation and agreements on land-use plans could provide a sound basis for developing efficient measurement, reporting, and verification systems for REDD+
L’enjeu alimentaire lié à l’augmentation démographique est au cœur des agendas internationaux de développement durable et nourrit les débats sur les transitions à entreprendre ou soutenir. Souvent défini en opposition à un modèle agro-industriel intensif et capitaliste, le modèle des agricultures familiales, ensemble de types d’exploitations et d’exploitants aux profils variés, reste difficile à considérer dans sa diversité du fait de sa constante évolution. Certains phénomènes restent peu étudiés, notamment la dynamique d’accumulation foncière d’exploitations agricoles identifiée dans certains pays d’Afrique subsaharienne. Notre contribution, basée sur des enquêtes menées au Sénégal, vise à caractériser les profils et les modalités d’accès au foncier de 1399 exploitations agricoles, concentrant le plus de terres. À l’échelle de différentes zones agro-écologiques, nous mettons en évidence que les chefs d’exploitations agricoles possédant plus de 3 hectares sont majoritairement issus de la localité d’origine, cultivent des terres familiales et investissent dans l’agriculture des revenus issus de cette même activité. Globalement, ces exploitations agricoles ne semblent pas inféodées à une dynamique de gentrification, caractérisée par les investissements d’élites urbaines et rurales, souvent non issues du monde agricole, et faisant l’acquisition de terres grâce à des revenus non agricoles. Concernant les dynamiques foncières, les enquêtes montrent que la majorité des terres reste sous occupation coutumière bien que les territoires ruraux soient en constante évolution. Dans un contexte où les pouvoirs publics insistent sur les besoins d’intensification agricole, à travers la promotion de l’entreprenariat privé et du secteur agro-industriel, il est crucial d’avoir une bonne compréhension de la diversité des formes d’exploitations agricoles. Cela est d’autant plus nécessaire qu’une réforme foncière est en cours et qu’elle contribuera à redéfinir les contours du modèle agricole, entre volontés productivistes et exigences de durabilité et d’équité.
In current literature, certain scholars have stressed the role of the private sector in the process of revitalizing agriculture through agribusiness-led development. Others have underlined the global risks of poorly negotiated land acquisitions that disadvantage farmers and of nontransparent trade arrangements that create suspicion within local communities. Official and unofficial data whose relevance is frequently questioned, because they differ from actual conditions found on the ground, are often built upon these narratives. This acknowledgement points to the need for reliable data in order to support constructive debates on models of agricultural development. Senegal is experiencing similar controversies involving the dynamics of agribusiness development within the context of inadequate information on land acquisitions. In this paper, we first acknowledge the existence of past and current efforts to address investments in the agricultural sector. After critical analysis of these documents, we propose another way to monitor investments with survey tools that are embedded in participatory action-research processes and then provide information that can be used as a boundary object. We advocate the use of mapping tools to identify and monitor land processes, and the use of geospatial information to help identify an initial inventory of various sources of data on large-scale land transactions.
4 June 2023 in International Journal of Applied Earth Observation and Geoinformation
Depuis le milieu des années 2000, le mil de type sanio1 est réapparu dans plusieurs villages du Sine, entre Bambey, Diourbel et Fatick. Pourtant, ce mil à cycle long avait disparu des paysages agraires de la moitié nord du Sénégal au cours des années 1970 en raison de la raréfaction brutale des pluies, pour se maintenir plus au sud, dans les régions arrosées du Saloum et au-delà jusqu’en Casamance. Étant donné que la quantité des pluies a augmenté à partir du milieu des années 1990 partout au Sénégal (Salack et al., 2011), nous avons formulé l’hypothèse que cette résurgence pourrait constituer un « marqueur » agronomique robuste de l’évolution pluviométrique récente dans le centre-ouest du Sénégal et témoigner de la capacité des paysans à s’adapter rapidement et de façon autonome, i. e. sans l’appui de l’ingénierie agronomique2, aux changements de leur environnement. Pour autant, si l’opportunité climatique – offerte par le retour des pluies – paraît une condition nécessa...
En Afrique sahélienne, la situation foncière se caractérise par l’imbrication de normes et d’instances en matière de régulation foncière, reposant à la fois sur des pratiques locales informelles (mais reconnues par les populations) et sur un droit foncier légal où l’essentiel du territoire demeure au sein de l’État. Les acteurs du foncier s’appuient en pratique plus sur un portefeuille de sources de régulations dans lequel ils puisent selon le contexte, plutôt que sur une seule référence de régulation reconnue et appliquée par tous. Sur la base d’une expérimentation s’appuyant sur un jeu de rôle pour tester la réalité et les conditions de ces comportements locaux de mobilisation et d’usage de différentes sources de régulation foncière, l’article propose des premières pistes de réflexion pour appréhender les contextes dans lesquels s’intégreraient les futures politiques foncières mises en place par les États sahéliens, dont le Sénégal, où a été conduite la présente recherche.